Début mars 2009, les prêts immobiliers aux particuliers ont été sous la loupe d’un haut forum de spécialistes et représentants gouvernementaux. Ce forum a réuni Christine Lagarde, ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, Christine Boutin, ministre du Logement et les dirigeants des 6 principaux réseaux bancaires.

Les représentants du gouvernement et ceux des banques ont présenté également leurs initiatives et leurs doléances. Les ministres ont demandé particulièrement aux banquiers de poursuivre leurs engagements quant aux prêts-relais: aucune pénalité ne sera appliquée aux clients qui sollicitent un allongement de la durée initiale du prêt relais. Cela est  valable aussi pour les échéances reportées. Le Gouverneur de la Banque de France sera chargé d’envoyer au Ministère de l’Economie un rapport trimestriel sur les prêts relais, mettant l’accent sur les questions délicates.

Les ministres Lagarde et Boutin ont souligné aussi les mesures et les dispositifs mis en place par le Gouvernement pour stimuler l’acquisition des logements par un crédit immobilier. Parmi ces dispositifs, on a nommé le doublement du montant des prêts immobiliers à taux zéro. La possibilité de déduire les intérêts des crédits immobiliers de l’impôt sur le revenu et les mesures stimulant les prêts d’accession sociale ont été les deux autres accomplissements mentionnés.

Christine Lagarde a tenu à rappeler aux banques la nécessité de se mobiliser pour accompagner les emprunteurs en difficulté. « Je compte, dans cette période de crise, sur les banques pour accompagner ces personnes en reportant, chaque fois que c’est possible, des échéances pour s’adapter à leur capacité de remboursement », a dit la ministre de l’Economie. De même, elle a encouragé les emprunteurs qui éprouvent de telles difficultés, à discuter du problème avec le prêteur au plus tôt.

Le marché immobilier n’a pas trop de chances de se stabiliser avant le début 2010, nous annoncent les voix pessimistes des économistes. Avec une baisse de 10% peu louable enregistrée fin 2008, le secteur pourrait plonger encore, jusqu’à 14% au parcours de 2009. En tout, un repli d’environ 25% au terme de  deux ans, ce qui ne renverse pourtant une hausse significative de 140% consignée pendant dix ans.

Il nous attend une période de crise immobilière accentuée par la méfiance et l’anxiété des gens. De plus, les analystes estiment que la capacité des ménages à se solvabiliser est assez réduite et on attend une intervention de la part du gouvernement.

Toutefois, depuis l’automne 2008, la baisse des taux d’intérêt a aidé les particuliers à se resolvabiliser. Après avoir passé de 5,35% à 4,75% pour les emprunts sur 15 ans, ces taux pourraient rabaisser jusqu’à 4,50%. La différence se retrouve dans le paiement des mensualités qui descendent de façon significative grâce à un taux d’intérêt amoindri. Cela fait baisser de 11-12% le coût total d’un crédit.

Même comme ça, la baisse des taux ne sauve pas le marché de l’attentisme qui s’installe parmi les Français. En dépit du besoin de bien immobiliers, les investissements seront découragés par d’autres facteurs que les banques ne peuvent pas contrôler. Il s’agit de « la montée du chômage, la stagnation des revenus des ménages et les pertes patrimoniales qu’ils ont enregistrées », précise Cyril Blesson, chéf économiste chez Seed Finance.

Le pouls du marché a été pris par un baromètre TNS Sofres, qui révèle que la situation actuelle de l’immobilier en France se caractérise par les difficultés à financer l’acquisition d’un logement. De l’autre côté, les propriétaires craignent que les prix baissent trop et ils préfèrent attendre une stabilisation. C’est pourquoi un bon nombre des annonces publiées sur les sites sont censées plutôt tester l’intérêt des potentiels clients pour leur bien immobilier. En même temps, le prix de vente et le prix affiché ne sont pas souvent les mêmes et la conclusion d’une  transaction s’étend sur plus de deux mois.